Lancement au Salon du Livre de Washington D.C.

Parlers à Paradoxes

Discours non-orthodoxes

Silences d’équinoxes

Désirs hétérodoxes

Qui nous laissent perplexes

Tous remplis de complexes

 

C’est dans une atmosphère de bamboche littéraire que mon roman « Parlers à Paradoxes » a été introduit au public. En effet, le Salon du Livre de Washington D.C. dans son édition de 2014, le samedi 14 Juin, m’offrit l’opportunité de côtoyer des écrivains dont la réputation n’est plus à faire. Le moment le plus mémorable du salon était l’hommage à Jean Métellus. S’il y a quelqu’un à émuler, étudier l’ascension, la méthodologie, escalader le génie, et en prendre le contre-pied quand cela s’avère nécessaire, c’est dans la direction de l’auteur de « Au pipirite chantant » qu’il faut tourner les regards. Françoise Naudillon, sa biographe officielle, docteur ès lettres, le Dr. Lionel Métellus, firent le déplacement du Canada et d’Haïti respectivement pour venir honorer cet homme de lettres et des sciences qui publiait chez Gallimard. Il faudrait des biographes à Métellus a dit Naudillon.

C’était donc dans ce monde que le voile fut levé sur « Parlers à Paradoxes » qui se statue sur la cohabitation difficile entre le créole et le français dans le milieu Haïtien. En 1982, Fatal Espérance et Félicia Délite se rencontrent au Miami Dade Community College. Le jeune homme, de parents pauvres, s’exprime avec d’énormes difficultés en français. La façon dont il manipule cette langue est tarée et foirée. Un parler farci de lapsus. La jeune fille, procédant d’un univers élitiste, parle un français « châtié et souple.» Le roman met ainsi face à face deux êtres localisés aux antipodes du dialogue sociolinguistique Haïtien. La question sociale y est posée dans toute son acuité. Les atouts du jeune homme tels son intelligence, – il est appelé « génie Haïtien » au Miami Dade – sa virtuosité sur la guitare, furent incapables de l’empêcher de se fourvoyer en essayant de parler le français pour impressionner la jeune femme. Ils étaient réunis au fameux club littéraire Franco-Haïtiano-Americain où le créole « brillait par son absence, » lieu de rendez-vous des étudiants Haïtiens du Dade.

A ce  club « nostalgique, » un havre contre la « brutalité anglo-saxonne, » un duel linguistique l’avait mis aux prises avec un certain Boreto de Gasse, homme au langage fluide et qui « dévore tout ce qui est français. » Le flirt à haut débit qu’entamait ce dernier avec Félicia envoya Fatal chercher dans sa mémoire quelque chose d’intelligent à dire en français parce que de Gasse tap vale teren sou li nan ti dam nan. La marchandise qu’il livra était avariée. Il fut victimisé par son talon d’Achille. Un lapsus monstre eut raison de lui. Il fut amèrement ridiculisé. Comme un scorpion, il s’était injecté son propre venin. De Gasse le laissa « sur le carreau.» Après cette débâcle, il se dira que son aventure avec le français était arrivé a son terminus et tournera le dos à cette langue comme à ses locuteurs.

Fatal rêve grand pour son pays mais, malheureusement, il réalise que « pale franse pa di lespri men pa pale franse pèdi lespri » et se jure qu’il y mettra fin. Y arrivera-t-il ? Comment s’y prendra-t-il ? Félicia a un cœur d’or, mais comment peut-on lui demander d’emmener à la maison quelqu’un qui, dès qu’il ouvre la bouche, indiquera à ses parents sa provenance et son handicap?

Le roman offre une convergence de l’art, de la technologie, de la science et de l’éthique qui sont les fondements sur lesquels le pays devra se tenir pour se lancer vers l’avant, avec un aménagement linguistique qui tiendra compte de tous les parlers d’Haïti. Le préfacier est le linguiste, docteur Hugues Saint Fort. Il écrit ceci de l’œuvre: « Parler à Paradoxes représente une dissection remarquable de la réalité sociolinguistique d’Haïti et constitue, de ce fait, une introduction indispensable a toute classe de sociolinguistique de la communauté parlante d’Haïti…»

« Parlers à Paradoxes » est bel et bien lancé et préconise l’explosion du paradoxe du silence dans lequel nos parlers nous plongent: ceux qui ne maîtrisent pas le français sont muets dans les cercles ou le parler compte le plus, dans leur propre pays. Ainsi on se retrouve avec une:

 

Constipation verbale

Et qui partout s’emballe

Dans cette grande malle:

Mutisme qu’on trimbale

 

Mais Il faut que l’explosion se fasse contre ce système linguistique suicidaire et non contre ses locuteurs, et ceci avec tact, intelligence, et irénisme car:

 

On ne sait pas qu’on est fort

Qu’il faut changer les rapports

Pour arriver à bon port.

Marc-Arthur et sa fille Michelle au salon
Marc-Arthur et sa fille Michelle au salon

 

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